Arondit accueille le projet Cash, Check or Charge ? du 13 juin au 17 juillet 2017 avec les artistes :

$ Hugo Brégeau $$ Arthur Chiron $$ Julie C. Fortier $$ Ronan Le Creurer $$ Géraldine Longueville $$ Marine Semeria $

Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Ricard et la brasserie Outland

Vue de l'exposition Cash Check or Charge ? avec les œuvres de Ronan le Creurer et Arthur Chiron, photo Salim Santa Lucia

Vue de l’exposition Cash Check or Charge ? avec les œuvres de Ronan le Creurer et Arthur Chiron, photo Salim Santa Lucia

Vue de l'exposition Cash Check or Charge ? avec l'intervention de Julie C. Fortier, photo Salim Santa Lucia

Vue de l’exposition Cash Check or Charge ? avec l’intervention de Julie C. Fortier, photo Salim Santa Lucia

Vue de l'exposition Cash Check or Charge ? avec l'intervention de Julie C. Fortier, photo Salim Santa Lucia

Vue de l’exposition Cash Check or Charge ? avec l’intervention de Julie C. Fortier, photo Salim Santa Lucia

Vue de l'exposition Cash Check or Charge ? avec l'intervention de Marine Semeria, photo Salim Santa Lucia

Vue de l’exposition Cash Check or Charge ? avec l’intervention de Marine Semeria, photo Salim Santa Lucia

Vue de l'exposition Cash Check or Charge ? avec les œuvres de Marine Semeria et Arthur Chiron, photo Salim Santa Lucia

Vue de l’exposition Cash Check or Charge ? avec les œuvres de Marine Semeria et Arthur Chiron, photo Salim Santa Lucia

Vue de l'exposition Cash Check or Charge ? avec les œuvres de Marine Semeria et Arthur Chiron, photo Salim Santa Lucia

Vue de l’exposition Cash Check or Charge ? avec les œuvres de Marine Semeria et Arthur Chiron, photo Salim Santa Lucia

Vue de l'exposition Cash Check or Charge ? avec les œuvres de Ronan le Creurer, Marine Semeria et Hugo Brégeau, photo Salim Santa Lucia

Vue de l’exposition Cash Check or Charge ? avec les œuvres de Ronan le Creurer, Marine Semeria et Hugo Brégeau, photo Salim Santa Lucia

Vue de l'exposition Cash Check or Charge ? avec une œuvre de Hugo Brégeau, photo Salim Santa Lucia

Vue de l’exposition Cash Check or Charge ? avec une œuvre de Hugo Brégeau, photo Salim Santa Lucia

Vue de l'exposition Cash Check or Charge ? avec une œuvre de Marine Semeria, photo Salim Santa Lucia

Vue de l’exposition Cash Check or Charge ? avec une œuvre de Marine Semeria, photo Salim Santa Lucia

Vue de l'exposition Cash Check or Charge ? avec une œuvre de Arthur Chiron, photo Salim Santa Lucia

Vue de l’exposition Cash Check or Charge ? avec une œuvre de Arthur Chiron, photo Salim Santa Lucia

Vue de l'exposition Cash Check or Charge ? avec une œuvre de Ronan le Creurer, photo Salim Santa Lucia

Vue de l’exposition Cash Check or Charge ? avec une œuvre de Ronan le Creurer, photo Salim Santa Lucia

Vue de l'exposition Cash Check or Charge ? avec une œuvre de Ronan le Creurer, photo Salim Santa Lucia

Vue de l’exposition Cash Check or Charge ? avec une œuvre de Ronan le Creurer, photo Salim Santa Lucia

Vue de l'exposition Cash Check or Charge ? avec l'intervention de Julie C. Fortier, photo Salim Santa Lucia

Vue de l’exposition Cash Check or Charge ? avec l’intervention de Julie C. Fortier, photo Salim Santa Lucia

Cash, Check or Charge ? est une exposition. Elle absorbe comme titre la formule rituelle de tout passage en caisse (étymologie du terme cash) de tout consommateur outre-Atlantique. Cette étrange formule fait entrer le consommateur dans un espace du choix pour régler ses achats (en somme « espèce chèque ou carte ». Au-delà de la dimension ritualiste de la formule il est intéressant de penser les degrés du processus fiduciaire, c’est-à-dire du processus de contractualisation de l’être dans une « virtualisation » du paiement. Est fiduciaire ce qui est fondé sur la confiance (fides en latin). Est fiducie le contrat par lequel le créancier possède quelque chose du débiteur en garantie d’une créance. Le processus fiduciaire suppose donc qu’il y ait un quelconque rapport de confiance, mais contractualisé : non pas avec le vendeur ou avec le « caissier » qui ne fait que répéter la formule « liturgique » mais avec une banque. Banco est un terme italien qui signifie la table, comme le terme trapeza en grecque qui signifie à la fois table et banque, c’est-à-dire le comptoir de vente. Ontiquement l’argent est un problème. C’est-à-dire qu’il est quelque chose qui vient se « mettre-devant » l’objet pour en « régler » le principe d’usage. D’abord l’argent vaut pour lui même, il est sa propre valeur et il se nomme en grec talent (on en connait la longue dérivation linguistique, à partir de la Parabole des talents, du poids d’argent pur de 20 à 27 kg à une disposition et à une capacité remarquable de l’être à faire). Puis il est un problème morale puisque ce qui se met-devant l’objet ne vaut que comme valeur supposée établit dans un système commun et supposant une confiance en un morceau de métal ou de papier ne valant rien pour lui-même mais seulement pour l’inscription qu’il porte. C’est la formule rituelle – cette fois prononcée par la Pythie à Délos – que reçoit Diogène de Sinope « kharassein to nomisma » qui peut se traduire soit par « changer la valeur » soit par « frapper la monnaie ». Il y a quelque chose d’un « caractère » inscrit sur les objets qui leur donne cette puissance fiduciaire particulière. Qui leur donne une valeur singulière. Or il s’agit précisément de cela : l’exposition Cash, Check or Charge ne cesse de montrer les figures « caractéristiques » de cette frappe, soit dans le dessin des courbes des valeurs spéculatives, soit dans la dimension sculpturale de ce qui gravé sur les billets, soit en produisant l’odeur même de l’argent, soit enfin en fabricant des paysages à partir de ces fragments insculpés.

La valeur n’est, en somme, jamais autre chose qu’une image qui se charge d’une puissance doxique, d’une puissance de notoriété. C’est cela que nous ne cessons de regarder ici, pourvu que jamais n’advienne la formule « cash, check, charge or art ».

Fabien Vallos