Down to a sunless sea

Proposition d’Ekaterina Shcherbakova, Julia Borderie & Éloïse Le Gallo
Avec les artistes Théodora Barat, Julia Borderie & Éloïse Le Gallo, Thomas Geiger, Philémon Hervet & Victor Prokhorov, Anna Holveck, Géraldine Longueville, Dimitri Mallet et Pieter van der Schaaf

Exposition du 12 avril au 8 juin 2019

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

Down to a sunless sea, Arondit 2019, photo Salim Santa Lucia

L’exposition « Down to a sunless sea » part de l’hypothèse selon laquelle une rivière coule sous le bâtiment d’Arondit. Les deux niveaux de l’espace forment une entrée
dans le potentiel « – 2 » : ce sous-sol inaccessible, où le cours d’eau se courbe, est le sujet principal de l’exposition. Le projet prend sa source lors d’une rencontre entre les artistes Julia Borderie et Eloïse Le Gallo, et la curatrice Ekaterina Shcherbakova. Elles collaborent depuis 2017 au projet de recherche et de création à long terme « Points-Bascule », considérant l’eau comme une matière
aux multiples facettes qui crée des relations singulières entre les êtres et leur environnement. L’exposition est le résultat de nombreux échanges, à la fois entre les artistes et avec la curatrice, ainsi qu’avec l’énergéticienne Sophie Rusniok, l’archéologue Miguel Biard et le tailleur de pierre Xavier Questiaux. « Down to a sunless sea » est conçu comme un dispositif créé collectivement pour la rêverie individuelle. Proposant de déplacer sa conscience vers la sensation et l’expérience de l’Autre, elle évoque le phénomène de la proprioception, c’est-à-dire ce « sixième sens » lié à la sensation de position, de mouvement et d’effort d’un corps animal dans une situation et un contexte donnés. L’expérience hypnagogique de l’exposition repose sur des opérations physiques et conceptuelles de superposition, de scission, d’appropriation, de défragmentation, d’infiltration, de sédimentation et d’accumulation, constituant les propositions artistiques.

L’œuvre textuelle de Thomas Geiger, au debut du parcours de l’exposition, rappelle aux visiteurs que leur propre corps est un sujet actif de la situation naturelle de l’exposition. « Là où le souffle anime la mer gelée » est une œuvre en deux parties de Julia Borderie et Eloïse Le Gallo, une matérialisation sensible d’échanges avec Miguel Biard, Sophie Rusniok et Xavier Questiaux. Une partie traverse les étages de l’exposition à un point névralgique désigné par les baguettes en cuivre de l’énergéticienne. Entre maçonnerie et sédimentation, elle est composée de pierre calcaire, de silex, de sable, comme un réceptacle de l’ADN de la Terre, mémoire minéralisée de l’ancienne mer du bassin parisien. L’autre partie témoigne
de la vision de Sophie Rusniok, fractale et augmentée, par-delà les limites visuelles de l’espace d’exposition, issue de l’examen énergétique qu’elle a réalisé du lieu. Elle est dirigée vers la petite salle du sous-sol, un lieu gardant la mémoire de l’eau stagnante, un lieu abyssal aspirant l’énergie. La vidéo « Sand Quarry, NJ » (11’, 2019) de Théodora Barat se présente comme une fenêtre dans l’autre espace, au paysage emporté, où l’on devient compagnons de route anonymes.

Une confrontation au portail qui s’ouvre sur l’histoire parallèle, sur le bas-côté, se montre comme une scène d’exposition du sujet, un début d’aventure, ainsi qu’une
manifestation d’une méta-réalité. La proposition de Dimitri Mallet comprend un protocole pour peinture murale, « Atmospheric Painting », qui invite à prendre conscience du lieu de l’exposition
et de son rapport avec l’œuvre, et un diptyque de la série « Paysages », issu de la contemplation des phénomènes optiques que nous avons les yeux fermés.
Ensemble, ces œuvres constituent un système symbiotique : le protocole crée un cadre pour les pièces d’autres artistes, et les peintures incitent à contempler ses
propres paysages internes.
La pièce « Sunlight Control » de Philémon Hervet et Victor Prokhorov met en place un système de watercooling dans tout l’espace d’exposition, qui vise à stabiliser la production ininterrompue de l’onirique en questionnant le phénomène de la virtualité. Le déséquilibre entre progrès technique et pensée visionnaire se manifeste à travers la matérialité de l’image, sa présence éventuelle. L’installation in situ « Untitled (Espace 6) » de Pieter van der Schaaf esquisse un double de la salle de bains, espace standardisé et fonctionnel, en le privant de son côté utilitaire.
Copie de l’espace résultant d’un échec de reproduction ou produit défragmenté des fouilles archéologiques de l’imaginaire, l’installation apparaît dans un endroit décrit énergétiquement comme un lieu préservant le fantôme de l’eau stagnante.
L’œuvre de Géraldine Longueville, « Minérales », se compose d’un assortiment d’eaux macérées avec des pierres d’origines différentes. La degustation des boissons est envisageable le 19 avril, le 4 mai, le 25 mai et le 8 juin. En percevant notre corps comme histoire de notre consommation, cette création est une invitation à vivre la même fiction, en la rendant réelle dans son organisme.
La pièce « Pull the fish up » d’Anna Holveck est une installation sonore et un dispositif d’écoute qui mobilise le corps. La composition mêle des sons enregistrés dans les bouches d’égout du quartier d’Arondit, aux mélodies chantées par l’artiste et écrites à partir des notes de la ventilation du lieu. La pièce révèle les sonorités d’oasis de la rivière souterraine.
Hommage à toutes les eaux, l’exposition propose de saisir le monde tel que nous le trouvons et d’articuler différents scénarios. L’idée du liquide sert de liant entre les narrations et nous permet de naviguer dans un système de récits multiples, de matériaux et d’échelles.

Ekaterina Shcherbakova

* Neimanis, Astrida. “Hydrofeminism: Or, On Becoming a Body of Water.” in Undutiful Daughters: Mobilizing Future Concepts, Bodies and Subjectivitiesin Feminist Thought and Practice, eds Henriette Gunkel, ChrysanthiNigianni and Fanny Söderbäck. New York: Palgrave Macmillan, 2012