Un projet du Wonder avec les artistes François Dufeil, Nelson Pernisco, SAEIO et Thomas Teurlai, sur une invitation de Romain Semeteys.
Exposition visible du 10 au 29 décembre 2016.

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SAEIO, Neige sur rideau 1, Photo Salim Santa Lucia

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François Dufeil, Violences urbaines, Photo Salim Santa Lucia

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SAEIO & Nelson Pernisco, It’s a dream, Photo Salim Santa Lucia

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Nelson Pernisco, Libido, Photo Salim Santa Lucia

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Nelson Pernisco, Vive la fête, Photo Salim Santa Lucia

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Nelson Pernisco, Vive la fête, Photo Salim Santa Lucia

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Nelson Pernisco, Faire image tour et nuage, Photo Salim Santa Lucia

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Thomas Teurlai, Sans Titre, Photo Salim Santa Lucia

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Thomas Teurlai, Sans Titre, Photo Salim Santa Lucia

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Nelson Pernisco, Faire image tour et nuage, Photo Salim Santa Lucia

Arondit accueille un projet du Wonder, groupe d’artistes qui organise et gère des lieux de création et de diffusion en région Parisienne. Reconnu pour ses appropriations de friches industrielles (le Point G, le Wonder, l’ Amour), l’entité investira en 2017 un nouveau lieu afin d’y créer des ateliers. En cette période de fin d’année, c’est une ambiance un peu particulière que nous propose le collectif, assez éloignée de certains lieux communs, pourtant propices durant cette saison. Les images fantasmées de décors merveilleux, retrouvailles, bienveillance et intérieurs chaleureux sont ici en contradiction avec la rue, la léthargie, l’impuissance ou encore une odeur âpre.

La palissade striée et artificiellement enneigée de SAEIO (né en 1987) rejoue un bout d’urbanité, un store fictif dans son décor à l’ambiance tamisée. Effacement, jeux de textures, volumes : la scène est bien un condensé de la pratique de l’artiste. La frontière entre peinture et sculpture est ténue. C’est lors d’un récent voyage au Japon que SAEIO découvre l’usage de bâches chromées pour protéger des véhicules à deux roues. Cette forme fantomatique et étrange n’est pas sans rappeler l’univers pictural de l’artiste, où le recouvrement permet la création de vaisseaux futuristes et formes animalières.

Reprenant l’esthétique des systèmes Vauban, architectures de fortifications en forme d’étoiles du 17e siècle, François Dufeil (né en 1987) ceinture un champ de cyprès clonés qui semble comme pris en étau dans son propre piège. Une installation qui dans un contexte ultra sécuritaire prend tout son sens. Historiquement réputée résistante mais pas imprenable, la version de l’enceinte créée par l’artiste permet quant à elle de maintenir en vie le végétal, mais pas de l’élever. La lampe à sodium vient rajouter une ambiguïté au dispositif, entre connotation “récréative” évidente et lumière surnaturelle, presque divine.

Proche de l’esthétique d’un boulet de canon et lourde comme une boule de pétanque, la décoration en aluminium confectionnée par Nelson Pernisco (né en 1993) cambre ce sapin qui semble proche de la défaite, impuissant. Issue d’un long procédé de fonte de 240 canettes de bières, cette unique boule contraint à elle seule cet imposant végétal par sa rigueur industrielle. En guise d’emballages cadeaux, ce sont les cartons de déménagement de son ancien atelier du Wonder que l’artiste met au pied du sapin. Les jouets animés semblent quant à eux, agoniser dans leur cachot.

C’est une senteur à la fois connue et réconfortante, mais parfois écœurante, qui s’échappe du système de chauffage de Thomas Teurlai (né en 1988). Son radiateur en fonte récupéré dans les derniers instants du Wonder laisse flotter une odeur de vin chaud. Épices et cannelle sont mélangés avec du vin bas de gamme – de la vinasse – dans un chauffe-eau transformé pour l’occasion en réceptacle de la recette. Les tuyaux transparents, apparents, sont comme des perfusions; le collectif se réveillera bientôt. Dans la dernière salle du bas les courts-circuits provoqués par des gouttes de bières font clignoter une guirlande au sol. Mais ce n’est qu’un rêve après tout.